Le secteur aéronautique parvient à surmonter les turbulences

26
Juin
Le secteur aéronautique parvient à surmonter les turbulences
Le secteur aéronautique parvient à surmonter les turbulences
  • Sylvie Lacaille
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 L’École nationale d’aérotechnique  Photo :  Jean-Michel Leprince
Un texte de Jean-Michel Leprince

Des milliers de mises à pied chez Bombardier, des centaines d’autres chez Bell Helicopter : ces données déprimantes donnent l’impression que le secteur aéronautique canadien – et surtout québécois – n’est pas en santé. Toutefois, contrairement à ce que laissent penser les apparences, l’industrie demeure vigoureuse.

Des compagnies comme Pratt & Whitney, qui fabrique des moteurs d’avion et d’hélicoptère, sont très stables; CAE, fabricant de simulateurs de vol, enregistre de bons résultats financiers; Heroux Devtek, spécialisée dans les trains d’atterrissage, est en mode acquisition un peu partout dans le monde.

De son côté, l’École nationale d’aérotechnique (ENA), qui dépend du Cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil, continue d’attirer de futurs techniciens ou ingénieurs en aéronautique, malgré les soubresauts de l’industrie.

L’ENA fête ses 50 ans. Depuis sa création, elle a formé plus de 10 000 spécialistes de l’aviation. « Jusqu’à maintenant, on ne voit pas de lien direct entre les annonces [de mises à pied] et notre taux de demandes d’admission », dit Serge Brasset, PDG de l’ENA.

« Les étudiants nous disent qu’ils ne sont pas inquiets parce que, bon an mal an, l’industrie aérospatiale est en progression au Québec, et ce, depuis 40 ans quand on fait la moyenne », poursuit-il.

« Montréal est la seule ville du monde où on trouve toutes les composantes d’un avion dans un rayon de 30 kilomètres. » — Mehran Ebrahimi, professeur à l’UQAM et spécialiste de l’aéronautique

L’industrie aéronautique du Québec est-elle en santé?

Bell Helicopter

Le 28 avril 2015, le constructeur Bell Helicopter, une société appartenant au géant Textron, a supprimé 1100 emplois dans le monde, dont près de 300 à ses installations de Mirabel, où travaillent 1450 personnes.

L’entreprise basée au Texas justifie sa décision de mettre à pied une partie de sa main-d’oeuvre par la réduction de la production de l’hélicoptère militaire V-22, la lente reprise dans le secteur commercial et la faiblesse des marchés en Russie et en Chine.

L’usine de Mirabel se consacre aux appareils civils. Ses vedettes, les modèles 407, 412 et 429, sont des appareils fiables et durables. Toutefois, ceux-ci font face à la vive concurrence d’Airbus Helicopters, qui bénéficie en Europe de marchés privilégiés.

« C’est encore une question de casser les prix. On arrive avec une machine sexy et, en plus, on la vend moins cher. Dans beaucoup de cas, les gens se laissent attirer », soutient Philippe Cauchi, analyste et fondateur du site Info Aéro Québec.

L’entreprise demeure optimiste malgré le contexte actuel. Bell a remporté en 2014 le contrat pour équiper la Garde côtière canadienne de 15 hélicoptères de type Bell 429, au coût de 172 millions de dollars, un contrat contesté par Airbus. En 2015 s’est ajoutée la commande de sept hélicoptères de type Bell 412, au coût de 156 millions de dollars, toujours pour la Garde côtière. L’entreprise est aussi parvenue à percer légèrement en Europe et en Asie.

« Nous avons gagné le contrat de la Garde côtière, nous avons fait des gains en Europe – 54 appareils 429 vendus -, en Asie. Nous avons fait des gains dans tous les créneaux. En Europe, nous avons eu le contrat pour équiper la police nationale suédoise. Ce sont des clients forts, des clients cibles, qui témoignent de la valeur de nos produits », affirme Raymond Leduc, PDG de Bell Helicopter Canada.

L’usine de Mirabel améliore et teste le nouveau Bell 505, un modèle d’entrée de gamme qui sera assemblé en Louisiane, tout comme le 525, le plus gros hélicoptère de l’entreprise.

Le secteur aérospatial du Canada, c’est :

  • plus de 700 sociétés de toutes tailles, implantées d’un océan à l’autre, qui emploient plus de 172 000 Canadiens;
  • une contribution annuelle au PIB canadien de 28 milliards de dollars et, en 2013, des revenus directs de 25,1 milliards de dollars;
  • un segment de la défense aérospatiale qui représente 25 % du total du secteur canadien de la défense et près de 60 % de ses investissements en recherche et développement;
  • le troisième rang dans le monde pour la production d’avions civils et le cinquième rang mondial en aérospatiale, derrière les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon.

Source : Association des industries aérospatiales du Canada

Le secteur aérospatial du Québec, c’est :

  • quelque 215 entreprises;
  • un réseau de 190 PME;
  • plus de 43 500 travailleurs;
  • la deuxième capitale mondiale – Montréal – pour ce qui est du nombre d’emplois en aérospatiale, avec 1 personne sur 96 dont le travail est relié au secteur;
  • un chiffre d’affaires de 12 milliards de dollars, dont 80 % provient de l’exportation.

Source : Aéro Montréal

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